O-P-Q

RUWEN OGIEN
L'Etat nous rend-il meilleurs?

"Qu'est-ce que la « nature » humaine » ? Inclut-elle des traits psychologiques comme l'agressivité et des traits physiques comme des capacités sensorielles et intellectuelles limitées? Reste-t-on «humain» si on est devenu moins agressif, ou si nos capacités physiques et mentales ont été améliorées ? Selon quels critères peut-on établir la cohérence et la rationalité d'ensemble d'un organisme aussi complexe et aux buts aussi divers que l'État? Comment définir la stabilité sociale ? Exclut-elle toute forme de conflit ?
Je voulais seulement montrer que ces trois principes pouvaient être justifiés par une certaine conception de la liberté politique que nous avons de bonnes raisons d'adopter, la liberté négative, au sens minimaliste que j'ai essayé de lui donner."



MICHEL ONFRAY

MICHEL ONFRAY
Antimanuel de philosophie

"Seul un combat pour inverser le mouvement et mettre la technologie au service des hommes peut faire espérer un monde dans lequel " ....

"Seule une politique éthique écologique et humaniste pourra éviter la transformation..."

Bravo Mo ...!!!


MICHEL ONFRAY
Les sagesses antiques

"Je propose ici de raconter les grands épisodes de ces équipées profuses depuis Leucippe jusqu'à Jean-François Lyotard pour le dernier des grands morts, soit plus de vingt-cinq siècles de couleurs, de lumières, de bigarrures solaires, de chromatismes vivants, de pensées généreuses, de sagesses prodigues et existentiellement utiles. Inchangée, radieuse et lumineuse, tout porte à croire que cette philosophie de l'incandescence hédoniste paraît disponible pour de nouvelles aventures."

 


MICHEL ONFRAY

Esthétique du pôle Nord

Depuis sa naissance le 29 janvier 1921, jamais mon père n'a quitté Chambois, son village natal normand ; jamais il n'a manifesté de désirs, d'envies, de souhaits; jamais je ne l'ai entendu récriminer ou se révolter contre son sort; jamais je ne l'ai surpris dans la convoitise; jamais il n'a maudit sa condition d'ouvrier agricole qui l'a condamné au dénuement; jamais je ne l'ai vu dans le ressentiment à l'endroit du monde comme il va et qui l'a fait modeste, sans grade, sans voix, taciturne comme le sont viscéralement les gens de la terre, épuisés au travail, fatigués, éreintés.
Au milieu d'un champ où nous plantions des pommes de terre, sous le gazouillis d'alouettes époumonées, je lui avais demandé quelle destination il élirait si d'aventure un magicien se penchait sur son destin pour rendre possible ce voyage idéal. Il m'avait répondu: «Au pôle Nord. »


MICHEL ONFRAY
Traité d'athéologie


?

 

 


MICHEL ONFRAY
Archéologie du présent

Manifeste pour une esthétique cynique

"Autant de lignes de force pour créer de nouvelles possibilités esthétiques, donc existentielles. Le réel, la puissance, l'ironie, la communication, la gratuité, l'oeuvre, la vie : l'ensemble de ces forces majeures vise une éthique, une politique et une esthétique réconciliées."

"La question de l'art cynique est spinoziste, elle est aussi, on le sait, deleuzienne : que peut le corps?"


MICHEL ONFRAY
Féeries anatomiques

Le corps faustien..."Il est athée, païen et sacrifie à la plus radicale des immanences; il veut élargir la nature, l'augmenter en ayant recours à la culture la plus affûtée, à l'artifice le plus élaboré; il ne pense pas le donné et les instincts à la manière d'ennemis à détruire mais comme des chances à domestiquer..."


MICHEL ONFRAY
Théorie du corps amoureux. Pour une érotique solaire

"La théorie de l'autonomie intégrale, la célébration de l'instant quintessencié, la promotion d'un Eros léger, la réalisation d'une éthique ludique fournissent les quatre points d'assise du libertinage : rester libre, habiter le présent, refuser la pesanteur, pratiquer le jeu. Sous toutes les latitudes, le portrait du libertin suppose le nomadisme, l'instantanéité, la grâce et la chance, aux antipodes des vices de l'immobilité."


MICHEL ONFRAY
L'invention du plaisir. Fragments cyrénaïques

"A Socrate qui lui demandait laquelle des deux vies lui semblait la plus agréable, celle des gens qui commandent ou celle des personnes qui se font commander, Aristippe répondait :" Il y a une route moyenne où j'essaie de marcher. Cette route ne passe ni par le pouvoir, ni par l'esclavage, mais par la liberté, qui est le grand chemin du bonheur." On connaît maintenant la route - désormais plus personne n'a d'excuses..."


MICHEL ONFRAY
Physiologie de GEORGES PALANTE.
Pour un nietzschéisme de gauche.

"Palante aime que Nietzsche réduise la singularité à "ce qui est le sens primitif et l'essence élémentaire de tout être, à savoir quelque chose qui ne se laisse ni éduquer, ni former."

NAOMI ORESKES
ERIK M. CONWAY
Les marchands de doute

"Notre produit, c'est le doute." Les lobbys industriels ont, à coup de milliards de dollars, élaboré une stratégie destinée à éviter toute règlementation de santé publique ou environnementale qui aurait pu nuire à leurs intérêts. Une stratégie toute simple, qui a constité à nier en bloc les preuves scientifiques de la dangerosité du tabac, du DDT, de la réalité du trou de la couche d'ozone, des atteintes environnementales des pluies acides et, aujourd'hui, du réchauffement climatique. Enquête aussi implacable qu'incroyable, l'ouvrage témoigne de l'importance des faits scientifiques dans le débat public, et de la vulnérabilité de la société mondiale face aux "marchands de doute".

QUEL AUTRE? L'altérité en question
sous la direction de Pierre Ouellet et Simon Harel

Avec la participation de Jean-Christophe Bailly, Paul Audi, Georges Leroux, Gérard Bucher, Éric Méchoulan, Guillaume Asselin, Franck Villain, Jean-Pierre Vidal, Thierry Tremblay, Anthony Wall, Jean-:Philippe Uzel, Alexandre Prstojevic, Marie-Dominique Popelard, Alexis Nouss, Sherry Simon, Simon Harel et Pierre Ouellet.

"C'est, pour le dire autrement, que la singularité (de chaque être) serait considérée comme une séquence provisoire formée au sein d'une infinité de tournures possibles. Par conséquent, quelque chose comme un phrasé, une articulation, un montage."
JC Bailly . La scène pronominale

KOSTAS PAPAIOANNOU
De la critique du ciel
A la critique de la terre
(l'itinéraire philosophique du jeune Marx)

"Le même processus d'objectivation et d'aliénation qui se passe dans la religion déploie aussi sa puissance dans le monde de l'économie. Aussi longtemps que l'homme sera incapable d'organiser sa vie comme « être générique », aussi longtemps donc que le « besoin égoïste » sera le seul lien social, le « besoin pratique » ne pourra enfanter que des monstres : le « trafic » et le règne de l'argent."

Octavio Paz, le poète mexicain, fit la connaissance de Kostas dès 1946, au café de Flore. Il a évoqué cette rencontre dans un beau poème, écrit après la mort de son ami grec,

Pour Kostas Papaioannou :
« J'avais trente ans, je venais d'Amérique et je cherchais l'œuf du Phénix parmi les flammèches de 1946
...

MARIO PERNIOLA
Le sex-appeal de l'inorganique

"Plus généralement, sexualité, musique et philosophie se rencontrent dans le fait de promouvoir le passage d'un horizon d'insuffisance, de précarité et de rareté de l'expérience, lié à la fuite inexorable du temps, à une perspective de disponibilité, de jouissance immédiate, ouverte par la possibilité d'accéder sans attendre à une offre spatiale toujours virtuellement présente."

STEPHANIE HENETTE
THOMAS PIKETTY
GUILLAUME SACRISTE
ANTOINE VAUCHEZ
Pour un traité de démocratisation de l'Europe

"Tout à la fois puissant et insaisissable, le gouvernement de la zone euro s'est développé en fait dans l'angle mort des contrôles politiques, dans une sorte de trou noir démocratique. Qui contrôle, en effet, l'écriture des Mémorandums qui imposent des réformes structurelles considérables en échange de l'aide financière du Mécanisme européen de stabilité? Qui suit l'activité exécutive des institutions qui composent la troïka ? Qui évalue les décisions prises au sein du Conseil européen des chefs d'État de la zone euro ? Qui sait ce qui se négocie au cœur des deux comités centraux de l'Eurogroupe que sont le comité de politique économique et le comité économique et financier?Ni les parlements nationaux, qui ne contrôlent dans le meilleur des cas que leur propre gouvernement, ni le Parlement européen, qui a été soigneusement placé à la marge du gouvernement de la zone euro. Opaque et fonctionnant en vase clos, ce gouvernement de la zone euro a en somme bien mérité les critiques qui se concentrent sur lui, à commencer par celles de Jürgen Habermas qui n'hésite pas à parler à son propos d'« autocratie post-démocratique » !
Or ce déni démocratique n'est pas qu'une question de principe, ni qu'un enjeu d'équilibre des pouvoirs, loin s'en faut. Il a des effets bien réels sur la teneur même des politiques économiques conduites dans la zone euro. Il mène à une forme de surdité aux lanceurs d'alerte et autres voix dissonantes - comme on le voit aujourd'hui encore, face au chœur pratiquement unanime des économistes qui soulignent le caractère inéluctable de la renégociation de la dette grecque. Il favorise aussi une grande insensibilité aux signaux politiques pourtant lourds qu'envoient désormais les votes nationaux, qui ne cessent de pointer la montée d'un populisme d'extrême droite. Sur le fond, cette structure de pouvoir conduit à surestimer les enjeux liés à la stabilité financière et à la « confiance des marchés », et à sous-estimer les thèmes qui sont les plus susceptibles d'intéresser directement le plus grand nombre, à l'image des politiques de l'emploi, de la croissance, de la convergence fiscale, de la cohésion sociale et de la solidarité, etc.

Il y a donc urgence à rehausser la garde démocratique et à replacer la démocratie représentative au cœur des politiques économiques européennes. Il est grand temps de sortir de l'opacité et de l'irresponsabilité politiques dans lesquelles évolue ce nouveau pouvoir européen en introduisant en son cœur une institution démocratiquement élue."

THOMAS PIKETTY
L'économie des inégalités

"L'effet de la composition sociale des élèves de l'école et du quartier d'habitation est beaucoup plus important que l'effet des dépenses d'éducation en tant que telles....

...d'où la nécessité de faire appel à des moyens de redistribution plus radicaux, comme l'utilisation de cartes scolaires ambitieuses obligeant les parents de milieux différents à envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles, à défaut de pouvoir vraiment les obliger à vivre ensemble (ce qui serait encore mieux)."

 


BLAISE BACHOFEN, SION ELBAZ ET NICOLAS POIRIER

CORNELIUS CASTORIADIS
REINVENTER L'AUTONOMIE

Castoriadis, penseur de la décroissance. Serge Latouche.

... la société de croissance non seulement n'est pas souhaitable, mais encore elle n'est pas soutenable! Ces deux aspects se retrouvent dans la pensée de Castoriadis. « Il n'y a pas seulement la dilapidation irréversible du milieu et des ressources non remplaçables. Il y a aussi la destruction anthropologique des êtres humains transformés en bêtes productrices et consommatrices, en zappeurs abrutis ». Le projet d'une société de décroissance articule ainsi un ensemble de thématiques qui entrent en résonance avec la pensée de Castoriadis. On peut regrouper celles-ci autour de deux axes principaux: la décroissance, l'autonomie et la démocratie écologique, d'une part, et la décolonisation de l'imaginaire et la réalisation de la société de décroissance, d'autre part.


NICOLAS POIRIER
Castoriadis
L'imaginaire radical

""Le vivant s'auto-constitue, il est pour soi..." Castoriadis
La cellule vivante n'existe pas, bien sûr, pour elle-même, mais on peut toutefois la définir comme un soi, sans quoi elle ne serait rien -, et auquel on puisse attribuer les trois déterminations essentielles de l'intention, de l'affect et de la représentation qui sont celles du pour-soi...


JEAN-LOUIS PRAT
Introduction à Castoriadis

« Mais supposons qu'il y ait des barbares et qu'ils se présentent ici. Que pourrions-nous faire? Ou bien les barbares veulent effectivement nous égorger et la seule question qui se pose alors est celle du rapport de force : ils nous égorgent ou nous les égorgeons. Ou bien une discussion est possible, et dans ce cas il faut se plier à certaines règles d'usage du langage et ne pas chercher, dans la discussion, la victoire par la violence, par la violence du discours, mais l'élucidation des questions: la "civilisation" n'est rien d'autre que cela » Castoriadis. Domaines de l'homme