ROGER LAHU


ESSAYAGES DE PENSER

 

"Tiens toi droit, pas si vite , tu penches d'un côté, baisse les épaules...."


envie fréquente d’avoir des « gruges »
pour penser
(ça s’appelle des « références » en fait)
(ou des « arguments d’autorité » en vieille rethorique)
(on dit aussi « culture)

 

 

pensée petite matinale :
« ça bruine »

 

pourquoi « ne pas » ? pas  penser ?
juste sentir  (gouteuses odeurs venant de la cuisine vespérale)
ressentir  (font chier avec leurs émissions « téléphone sonne » sur la suppression des notes)
pressentir  (ça va cailler demain matin et zut crotte j’ai pas bâché la bagnole)

 


Fallait bien y arriver : et si je ne pense pas , ne suis-je plus ?
Je me pince (pincer n’est pas penser)
Même non pensant
Si si je suis
(pas impératrice) (d’aucune chine)
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«ça »  donne-t-il à penser ?  (en chinois ou en langage des carpes )
J’écoute sans penser
Only Lovers Left Alive (Original Motion Picture Soundtrack)

 

Ai-je pensé aujourd’hui ?
Quand ? où ? à quoi ? pourquoi ?
N’en ai plus souvenir
Pourtant , forcément j’ai du . Ou cru .
Ça devait être de la pensée cuite , trop , carbonisée .

Sans goût . Sans saveur .

 

Envie de penser-tarzan
Moi tarzan Toi  le monde réel
(et Sheeta se marre en poussant de grands gloussements)
La prochaine fois essayer de penser-sheeta


Le verbe « penser »  a des connotations pesantes . Penser est associé à « sérieux » voire à « grave » .
Désir de penser légèrement .  Penser ne nuit pas grave à la santé . Penser comme une volute de fumée de ma première roulée dans l’air frais du matin . Penser avec le goût du café bien noir dans la bouche et  du goudron et de la nicotine , dans l’air frais du petit matin . Penser petit matin . (mais penser tombée de nuit  c’est bien aussi)

 

Principe de précaution : ne pas penser réseau 3G , ni 4 . Et même anticiper : ne pas penser réseau 67 G . Pas réseau .
Penser coupure de réseau .
Sans connexion .
Dur de chez dur .
Allo ? allo ? allo ?

 

peut être que   « ne pas »
est pensée suffisante
fuck quoi ! des croyants ont bien été capables
d’inventer une theologie négative

 

Au bord de la rivière, canne en pogne , je ne pense pas . Jamais . Je ne suis qu’attention , à l’eau , au vent , aux branches des arbres . Je ne suis qu’amorce, esche , flotteur, hameçon . Et un hameçon ça ne pense pas . Ni un asticot ou un grain de blé . Expérience profondément  libératrice , soulageante . Le verbe « soulager » vient du latin « sublevare » : alléger . Penser étymologiquement pèse .


Est-ce qu’une hirondelle pense ? si oui , à quoi pensent dans leur voltige acrobatique les hirondelles de mes alentours un début de soirée en début du mois de septembre ? à leur prochain grand départ vers le Sud ?  semblent toute fofolles les hirondelles de mes alentours ce soir de septembre . Véhémente envie de penser-hirondelle .
(note perso : ça me fait sourire l’image d’une hirondelle barbue)

 

j’écoute une émission de France Cul intitulée « Irak/Syrie : les ennemis de nos ennemis sont-ils nos amis ? ». En vrai vérité je ne l’écoute pas . Mon esprit vagabonde (alors que je ne semble rien faire d’autre chose qu’écouter – ne comptent pas le fait de tirer un taf de ma roulée et de siroter doucement des gorgées de Macon Rouge en regardant le ciel – très beau – par ma fenêtre d’Ouest - .
En fait , si . Ne comptent en vrai vérité que les tafs de ma clope, les gorgeons de rouge , le ciel qui  enfile son pyjama vespéral . Pensée « géopolitique » stoppée . Je ne peux pas « penser » Irak/Syrie en cet instant .
Je coupe la radio .
Je clique . Mis en réserve (en exclu sur le site de  Libé)  le dernier album de  Shara Worden la chanteuse de « My Brightest Diamond » , un titre : « Looking at the sun » m’attire forcément l’œil .
J’écoute . Je ne pense pas .


Ecrire le verbe « penser ». Je pourrais l’écrire dix, cent , mille fois sur la page de mon petit carnet noir cela ne me ferait pas « penser », je le sens bien  . Mégot éteint entre l’index et le majeur de la main droite , l’autre tient le stylo inutile . La jeune femme en tout très  petit  short et très   tout « petit haut » à la terrasse du café  où je termine le grand café qui me sert de repas de midi  m’empêche-t-elle de « penser » ? Sorry young lady mais non , ça n’est pas ça ! La chaleur intense de cette journée de septembre après deux mois d’été que certains ont stupidement dit   « pourri » , alors ? non plus . Tout ça à la fois peut être : le grand café en guise de repas , le très petit short , le très petit haut ,  la  grande chaleur , sans oublier le mégot éteint ?  Si je me roule un autre clope penserai-je ?
Ça serait drôle assez si oui .
Non ?


Arrivé « au seuil de » la vieillesse je commence à essayer de  penser vraiment.
Je pense, étonné, par exemple, que l’absence de paillasson devant le dit seuil ci-dessus mentionné est vraiment curieux. Il semblerait bien nécessaire, voire indispensable, de pouvoir nettoyer vaguement  les semelles de ses grolles, forcément bien embrenées  à ce stade de l’existence, avant de le franchir, le dit seuil, non ?
Est-ce cela penser ?
Sans doute.
Peut-être .
Why not ?

 

Penser (essayer de : je ne le répèterai pas à chaque fois , cela sera sous entendu) c’est d’abord se nettoyer les godasses de tout le poids de bouillasse dans laquelle on a pataugé . allègrement d’ailleurs .

(note : premier poids de merde : les mots , on ne pense librement que pendant quelques mois après le passage du premier seuil )

 

Penser/dé-penser
Je pense je dépense
Penser gratuitement
Penser pour de jeu

 

Note : quelques jours après ces premiers «reflexions » je sens que ça m’importe . Sans que cela soit « important » . Mais je sens que j’ai besoin d’essayer cette pensée « au seuil de ».

 

Penser à partir des taches de peinture  (couleur « gris mouette ») sur mes doigts ce soir . J’ai repeint les lourds volets de chène de la fenêtre d’Ouest . Elle prend plein fouet la plupart des averses et orages . Trois couches . Ces taches de peinture , à peine taches en réalité je me suis nettoyé les mains au white , traces de taches , me disent énormément de choses . Mais je ne sais pas encore les penser ces choses là .

Cette évidence : « les mots sont piègés » sont pièges à loup renard et toute autre bestiole libre qu’on voudra , quiconque a expérimenté  (are you experienced ? question éminemment philosophique posée par Jimmy Hendrix)  l’écriture d’un poème sait ça . J’émets l’hypothèse que les philosophes – au sens académique du terme (que je n’ai pas lus)  – n’ont pas cette expérience . Ils font confiance aux mots . Croient qu’en les assemblant convenablement , ça s’appelle argumentation cet assemblage convenable , ils démonteront ce qu’ils veulent démontrer .  Les seules philosophies « convenables » doivent portant démarrer (démâter ?) de là : les mots sont piégés .

 

« au seuil de » la vieillesse : beaucoup bute sur ce seuil là : « ch’us pas vieux » . Non bien sur , ne le sont pas puisqu’ils refusent de l’être , en conformité avec la doxa contemporaine qui classe les âges comme des blédines d’antan : 4e age  5e  etc etc  Le mot « vieux » n’est pas sale pourtant ? Penser pour nettoyer les mots ? pas les briquer comme à neuf , juste les nettoyer . Si on refuse de dire « je suis vieux » comment dire «je suis jeune » ? d’où tant de faux jeunes et de faux vieux .  Et entre deux un ensemble assez flottant . Est-ce penser ? Doute !

Note perso :  je ne sais ce qu’ont écrit Kant ou Hegel ou Heidegger etc mais « ça » (comment définir cette suite de mots ? aphorisme ? note ? axiome ? )   « skieur au fond  d’un puits »  de HM , me fait penser depuis (longtemps) que je l’ai lue .

 

Se dire , se répeter , vrai principe de précaution : « est ce que c’est toi qui penses ce que tu dis penser ? » .  la plupart de nos « pensées » sont pavloiennes : l’un, par exemple ,  pense « de gauche » l’autre « de droite » . L’un pense chétiennement l’autre islamiquement etc   Pensée pré-pensée .
Je me souviens de mon ébahissement à la lecture de l’article Wikipédia sur les genres et sous genres et sous sous genres des musique « heavy metal » : un accro au « death metal » porte sans doute aux gémonies un adepte  du « gothic metal » , et un fondu du « metal symphonique » les dédaigne tous les deux !

 

faire se cotoyer deux mots
gaza israel
musulman juif
par exemple
n’est pas penser
« ça » j’arrive  peu prés à le penser
(mais suintent abondamment des tas de fausses pensées , d’effusions , confusions , infusions etc …)
(on peut  préférer le sépia , les nuances de  gris , au noir et blanc brut de décoffrage )

 

Beaucoup (j’en suis) croit penser alors qu’ils ne font que des bruits de bouche , lachent des vents verbaux , autrement dits des pets , parfois ridiculeusement sonores , parfois nauséabonds .

 

Parfois des instants de pure et absolue non-pensée : par exemple quand une carpe vous casse votre ligne alors que vous l’aviez –à votre avis – manœuvrée précautionneusement .  Tout ce qui peut ressembler à une pensée est alors aboli . Vous êtes entière dépitation . Le dépité ne pense pas .

 

Et si ce que je tentais c’était de l’essayage de penser ? façon tailleur d’antan :  tenez vous plus droit monsieur que je prenne correctement vos mesures sinon ça va plisser de partout !