ROGER LAHU

lahupêche


"BOURRICHE"


poème à la ligne (7)

Recette Carpe en matelote
Pour 4 personnes
Préparation Carpe en matelote : 25 minutes
Cuisson : 60 minutes
Coût : Economique
Difficulté : Très simple

Ingrédients Carpe en matelote:

- 1 kg de carpe
- 12 oignons blancs
- 40 cl de vin rouge
- 40 g de beurre
- 1 c. à soupe de farine
- 40 cl de fumet de poisson
- 1 bouquet garni
- 1 baguette de pain
- Sel fin de cuisine 
- Poivre en grains au moulin.

Nettoyer, vider, couper en morceaux la carpe. 

Peler les oignons. 

Faire fondre la moitié du beurre dans une casserole, ajouter la farine, mélanger, faire cuire ce roux 2 minutes jusqu'à ce qu'il soit bien coloré, mais non roussi. 

Ajouter les oignons, mélanger. 

Faire cuire pendant 10 minutes en remuant, ajouter peu à peu le reste de beurre.

Verser le vin rouge et le fumet, fouetter tout en portant à ébullition et laisser mijoter 20 minutes.

Disposer les morceaux de poisson dans une sauteuse, saler, poivrer. 

Verser la préparation précédente par-dessus et mélanger, porter à ébullition. 

Ajouter le bouquet garni, puis laisser bouillonner à découvert 20 minutes. Rectifier l'assaisonnement. 

Pendant ce temps, couper le pain en rondelles, faire dorer au four. 

Verser la matelote dans un plat, ajouter les croûtons et servir aussitôt.

jeudi 25 août 2011


Poème à la ligne 6

parfois rien n’y fait
beau varier les eshes
asticots
vers de vase
blé
chénevis

rien

le poème ne veut pas mordre

ne reste qu’à regarder
ombres et lumières
sur la page changeante
de la rivière

la rivière est un poème inouï
et jamais un poème

ne coulera autant
« de source »

jeudi 14 juillet 2011



poème à la ligne 5

il y a toujours
-est-ce un bonheur ? –
quelque chose qui vient
-in extremis ? -
rompre
l’enchantement hypnotique
de la rivière :

l’éclat bleu électrique d’un martin pêcheur
rasant l’eau comme un « Spitfire »
des  BD de guerres d’antan

une vache se soulageant fort bruyamment
dans le pré

un serpent d’eau
-tête périscope levée dans le courant –
qu’un rat devait guetter sur la rive
puisqu’il l’attrape
à peine a-t-il accosté

une libellule follette
qui percute le scion
et plouf telle la grenouille de Bashô
se pète la goule
dans la rivière

une enivrante  odeur de foin
 soulevée
par un « petit coup » de vent

alors de tes doigts empoissés
d’amorce
et de glaires de poiscailles
tu te  roules un clope
maladroit

soudainement revenu
au monde réel

et  ses poisons ordinaires

 

mercredi 13 juillet 2011


poème à la ligne 4

il existe – très underground –
toute une « littérature »
et parfois fort savante
sur la pêche à la ligne
et même un « éloge de la bredouille »

il existe aussi
toute une littérature
et toujours très savante
sur la poésie
des centaines d’universitaires
ont écrit des milliers de livres inutiles
sur Rimbaud , Char ou Bonnefoy  entre autres

la différence majeure
entre ces savant « traités »
c’est que les bouquins – même très savants-
sur la pêche à la ligne
sont toujours écrits par de vrais pêcheurs
alors que les traités « savants »
sur la poésie
sont écrits par des profs de littérature
qui n’ont jamais mis la main
dans la tambouille des « amorces »
avant d’aller « taquiner » le poème

(et tant pis si l’on rentre bredouille
sans aucune « touche »
le poème certains jours
ne veut décidément pas
« mordre »)



poèmes à la ligne 3

pêcheur de baguenaude
tu ne t’encombres pas
d’une « bourriche »

tu as un sac en plastoc
et au bord de l’eau
ton premier geste
est de ramasser des herbes
et d’en remplir ton sac
en plastoc
et de mouiller les herbes

restera plus qu’à
prendre les poissons
et les y mettre
dans ton sac en plastoc
rempli d’herbes
bien mouillées

parfois y mettre des plantes
encore en fleurs
dans leur dernière demeure
aux  poissons

par sympathie animale


poème à la ligne 2

l’éternel problème :

être monté tout fin
pour la friture
et casser  forcément
quand un  vrai gros se décide
à mordre

ou monter plus gros
et rater forcément
tous les petits
qui viennent goûter
aux gourmandises  proposées

le pire
c’est l’entre-deux
on rate tout

comme dans la vie

 

dimanche 10 juillet 2011


poème à la ligne 1

le poème est-ce
l’hameçon de 20
l’esche
 la plombée
le flotteur
la « gaule » -je préférerai toujours ce mot à celui de canne-
l’amorce
la touche
le poisson
l’épuisette
la rivière ?

non non non
le poème
c’est l’écureuil
qui te regarde
quelques instants
sur l’autre rive
avant de vaquer
à ses occupations d’écureuil

(et le gros ragondin
sous la souche de l’arbre mort
acquiesce
en plongeant très bruyamment
ce con !)

au mileu coule
ce qui coule
depuis le début des rivières
&des poissons
&des écureuils
&des ragondins
& des pêcheurs « à la ligne » :

le Temps

 

jeudi 30 juin 2011


 Mon enfance habita une demeure d'eau
En amont le moulin     long rémouleur de l'eau
faisait vibrer sans fin son plancher de bois blanc
La grande roue à aubes éclaboussait le temps
 dans sa cage de pierre où s'engouffrait l'eau vive
La poussière de farine tremblait dans le soleil
et sur l'île en aval la maison de l'éclusier
 ouvrait et fermait le chemin des gabares

J'avais dix ans
 Depuis longtemps déjà
 je me savais mortel
 J'étais très étonné
cette façon qu'a l'eau de couler dans le noir
cette façon qu'a le sang de glisser dans le temps [...]

Claude Roy, Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?
(1979), © Éditions Gallimard.