CHRIS OFFUT
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CHRIS OFFUT
Les gens des collines

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anatole Pons-Reumaux

 "Le vieil homme marchait dans la colline avec un long bâton, repoussant la pomme de mai et la vergerette, en quête de ginseng. Celui-ci poussait bas, masqué par les fourrés. L’année d’avant, il en avait trouvé plusieurs plants dans cette zone, un emplacement idéal en raison des versants exposés à l’est, protégés du violent soleil d’après-midi. Les restes d’un orme en décomposition gisaient à proximité, encore un bon signe. Il s’arrêta pour reprendre son souffle. À quatre-vingt-un ans, il était l’homme le plus âgé de la communauté, le seul vieux à sa connaissance."

 

2021




CHRIS OFFUT
Nuits appalaches

Traduction de l’anglais (États-Unis) de Anatole Pons

 

" L’obscurité arriva progressivement, puis elle tomba d’un coup, fermant l’espace entre les arbres, atténuant l’éclat du calcaire, drapant le champ en contrebas. Il embrocha la carcasse de l’écureuil sur un bâton et la fit rôtir lentement. La lune se leva. Il plaça les poireaux sauvages à côté du feu, les retourna plusieurs fois. Au bout de trente minutes, il mangea son meilleur repas depuis un an. Les rations de combat étaient déplorables et la nourriture coréenne ne l’avait pas impressionné. "

2018


2002

CHRIS OFFUTT
Sortis des bois
Traduction de l’anglais (États-Unis) de Philippe Garnier

 

"L’Illinois était tout aussi plat mais moins vert. Gerald comprit qu’il roulait à travers une saison, observant le printemps à rebours. La terre de l’Illinois était noire comme du fumier et il s’arrêta sur le côté pour l’examiner. Elle était humide et riche. Elle sentait la vie. Il la fit couler entre ses doigts, pensant à l’argile dure de chez lui. Il décida de s’arrêter prendre un peu de ce bon terreau sur le chemin du retour."


CHRIS OFFUT
Les hommes ne sont pas des héros
Traduction de l’anglais (États-Unis) de Anne Winckle

"Le Kentucky est un état tout en longueur… Tous nos héros viennent du bitume. La région des Appalaches ne peut se vanter d'avoir des héros, et les habitants ont appris à vivre sans espérer un jour en voir un. Lorsque j'étais étudiant, j'arpentais les rues de Morehead avec un badge accroché à ma veste, qui disait "No Heroes". je portais ce badge avec fierté… je lisais Rimbaud, j'écoutais Clash et je portais des chemises de cow-boy aux manches coupées. je suis parti d'ici pour changer le monde, mais, j'ai eu beau essayer, je n'ai jamais été un héros non plus."

2002

1997

CHRIS OFFUT
le bon frère
Traduction de l’anglais (États-Unis) de Freddy Michalski

 

"Virgil suivit la pluie qui s’éloignait de la colline et roula jusqu’au bureau de poste de Blizzard. Le courrier n’était pas encore arrivé, et il poursuivit son chemin, saluant d’un geste large le petit groupe qui bavardait là sous la lumière dure et froide du soleil d’avril. Il remonta un flanc de coteau abrupt jusqu’à la limite du comté. Celle-ci se situait à trois kilomètres seulement de la maison dans laquelle il avait grandi, mais il ne l’avait jamais franchie. "

 


CHRIS OFFUTT
Le Fleuve et l'Enfant

Traduction de l’anglais (États-Unis) de Anne Winckle

"Plus je remplissais de pages dans mon journal. plus je me croyais un barde authentique."

"L'hiver est une cloche, un long carillon de silence,dans ces bois des pénéplaines."

1993


CHRIS OFFUTT
Kentucky Straight

Traduction de l’anglais (États-Unis) de Philippe Garnier

"Personne sur ce flanc de colline n’a fini le lycée. Par ici, on juge un homme sur ce qu’il fait, pas sur ce qu’il a dans la tête. Moi, je chasse pas, je pêche pas, je travaille pas. Les voisins disent que je réfléchis trop. Ils disent que je suis comme mon père, et maman a peur que peut-être ils aient raison.
Quand j’étais petit, on avait un coonhound qui s’était fait arroser par une moufette et qui avait eu le culot de venir se coucher sous la terrasse après ça. Il pleurnichait dans le noir et voulait pas sortir. Papa lui a collé une balle. Il puait quand même toujours, mais papa se sentait mieux. Il a dit à maman qu’un chien qui sait pas faire la différence entre un raton laveur et une moufette, il faut le tuer.
— Bon, mais il est toujours sous la terrasse, a dit maman. "

"Je n’arrivais pas à penser, ni à ressentir quoi que ce soit. C’était une bonne idée de marcher."

1992